La GuiM au cœur de la qualité des paiements instantanés en Afrique
Les 6 et 7 octobre derniers, Kigali (Rwanda) a accueilli le premier atelier panafricain du projet IQAS. Une trentaine d'experts y étaient réunis, dont le Directeur général de la Guinéenne de Monétique (GuiM), M. Aly Badara BERETE. L'enjeu : rendre les paiements instantanés africains non seulement rapides, mais aussi fiables, performants et durables. La GuiM compte parmi les acteurs appelés à y contribuer.
Pendant longtemps, le défi des systèmes de paiement en Afrique était d'exister : relier banques, institutions de microfinance et opérateurs de mobile money, puis faire circuler l'argent en quelques secondes. Sur une grande partie du continent, cette étape est engagée.
Une autre question s'impose désormais : que vaut un paiement instantané s'il échoue ou inspire la méfiance ? Pour un commerçant, un transfert qui n'arrive pas, c'est une vente perdue ; pour un particulier, une raison de revenir aux espèces. Un système peut être techniquement disponible et rester peu utilisé si les usagers n'ont pas confiance. La qualité devient la condition de l'adoption, et c'est ce passage de l'infrastructure disponible à l'usage durable que le projet IQAS veut accélérer.
IQAS signifie Improving the Quality and Sustainability of Inclusive Instant Payment Ecosystems, soit « Améliorer la qualité et la durabilité des écosystèmes de paiement instantané inclusifs ».
Le projet est soutenu par la Fondation Gates et mis en œuvre notamment par Genesis Analytics, cabinet de conseil basé à Johannesburg. Il vise à développer des biens publics numériques qui renforcent la qualité, la confiance et la durabilité des paiements instantanés en Afrique (source).
Sa particularité : IQAS est porté par l'industrie. Ce sont les opérateurs et les régulateurs eux-mêmes qui définissent ce qu'est un système de qualité et comment le mesurer.
L'atelier a marqué le lancement officiel du groupe de travail technique. Il réunit opérateurs de switchs nationaux et régionaux, banques centrales, institutions financières, fintechs, opérateurs de mobile money et Banque mondiale.
La Guinéenne de Monétique y a été retenue pour son expérience éprouvée dans l'écosystème des paiements instantanés. Siéger dans ce groupe, c'est participer à l'élaboration des références qui serviront à évaluer les systèmes de tout le continent. La GuiM y apporte l'expérience de terrain d'un switch national et de l'exploitation de NimbaPay.
Aux côtés d'autres acteurs africains de premier plan, la GuiM contribuera à concevoir trois outils, mis à la disposition de tous en tant que biens publics numériques, c'est-à-dire librement accessibles et réutilisables :
1. Une boîte à outils d'évaluation et d'amélioration de la qualité, pour qu'un système identifie ses points faibles et sache comment progresser.
2. Un outil de mesure de l'efficacité de l'écosystème, qui apprécie le fonctionnement de l'ensemble au-delà d'un seul opérateur.
3. Un tableau de bord de suivi des performances en temps quasi réel, plutôt qu'à travers des bilans ponctuels.
Ce choix est un parti pris fort : un switch qui démarre pourra s'appuyer sur les mêmes références qu'un système déjà mature, sans avoir à financer des audits coûteux.
Switch national de paiement et opérateur de NimbaPay, le système de paiement instantané du pays, la GuiM donne à sa présence à Kigali une portée directe pour les usagers guinéens.
Elle traduit d'abord une volonté : offrir aux Guinéens des paiements instantanés toujours plus fiables, performants et dignes de confiance. En contribuant à définir les standards de qualité, la GuiM se place en position de les appliquer très tôt à NimbaPay.
Elle témoigne aussi de la reconnaissance acquise au sein de l'industrie des paiements. Être retenue parmi une trentaine d'experts, aux côtés de banques centrales et de la Banque mondiale, signale que l'expérience guinéenne compte dans le débat continental. Les enseignements de NimbaPay nourriront les outils communs, qui offriront en retour à la Guinée un cadre pour mesurer ses progrès.
Le groupe de travail technique se retrouvera les 25 et 26 novembre prochains pour poursuivre la conception des trois outils.




















